Matières, objets et manufactures d'Europe

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Matières, objets et manufactures du continent européen.

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La Maison de Commerce

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T007 BZH18

Territoire : Breizh (Bretagne), France
Date : 19-28 mars 2018
Météo : Soleil, crachin, tempête
Transport : Train, voiture

Nous n’avons pas dormi à Saint-Malo, nous n’avons pas regardé les tracteurs sur la plage de Cancale, nous n’avons pas touché la laine de Ouessant, nous ne nous sommes pas promenés dans la forêt de Brocéliande, nous ne connaissons pas le port de Brest, nous ne sommes montés sur aucun bateau, et L’Étrave était fermé.
Mais nous avons fait le tour de la Bretagne, en partant de Rennes dans une voiture bleue et en nous arrêtant à la fin de la terre.

Nous avons écumé les librairies celtiques pendant plusieurs jours avant de trouver le Barzaz Breiz, compilation de chants populaires bretons qu’il est d’usage d’offrir aux nouveaux-nés. Un manuel d’entrée dans un monde empreint de ruralité, de dignité, et de secrets.

Nous avions approché des spécialistes, antiquaires, collectionneurs, conservateurs, économistes, héritiers. Toiles, broderie, granit, bois, faïence, objets et abris de marin, lits clos, armoires, coffres, dot, proportions, horizon, végétation, couleurs, érosion, recherche et innovation, relations commerciales avec la Chine, corsaires, Irlande, fleurs, cœurs, voiliers, sarrasin, lait, Seiz Breur, chapelles, Sainte-Anne et tous les saints, bois et sous-bois, phares, océan. La route et nos esprits étaient ainsi balisés.

Malgré ses 4 ou 5 (?) départements et la diversité de ses paysages, la Bretagne est bien une.
L’intérieur des terres est assez pauvre, méconnu, travailleur, humide. Et les côtes rivalisent de caractère, rose, bleu, sauvage, touristique, parisien, familial, sportif, littéraire, pictural, religieux.

L’artisanat breton de qualité est répertorié, connu, soutenu, populaire. Nous n’avons pas grand chose à ajouter. Mais nous pouvons travailler.
Les rites et les traditions sont racontés comme des contes de fées et des légendes. En particulier quand ils ont à voir avec la vie amoureuse, les fiançailles, et le mariage.
Intégrer une entreprise bretonne est une réussite et une chance pour les jeunes travailleurs : ils peuvent rester vivre dans leur pays.

Quand elle est aimée, la Bretagne est adorée.
C’est ce qu’un marin barbu explique à un catalan, sur le quai d’un petit port, un soir, tard.

Seuls sur la pointe du Raz, à quelques mètres de Notre-Dame des Naufragés, devant un soleil orange immense, nous sommes agités par le spectacle des courants qui s’affrontent, sonnés par tant d’air qui vient de si loin et qui est pourtant tellement d’ici.

Trugarez.
Karantez.
Kenavo.

 

* Armelle Kergall est photographe. Elle étudie la psychogénéalogie, aime les petits-déjeuners, les vacances, la vie avant les départs à l’école, les déguisements, les réunions familiales, et la Bretagne. Parisienne, elle vit aujourd’hui à Tokyo. Elle est issue d’une grande famille, une famille pléthorique qui descend du Roi Arthur et qui possède parmi les plus belles demeures de Bretagne. En 2005, Armelle Kergall initie une série fleuve, qui prend forme et sens dans le temps : aux quatre coins du monde, elle tire le portrait de ses cousins, parents, grands-parents, oncles, tantes, frère, sœurs, enfants, neveux, fleurs et animaux domestiques. Des centaines d’individus captés dans leur environnement quotidien, dans des pièces et au milieu d’objets qui les racontent. Pour parler de ce travail, Armelle Kergall cite Émile Zola : “Je vais vous expliquer comment une famille, un petit groupe d’êtres, se comporte dans une société, en s’épanouissant pour donner naissance à dix, vingt individus, qui paraissent, au premier coup d’œil, profondément dissemblables, mais que l’analyse montre intimement liés les uns aux autres. L’hérédité a ses lois, comme la pesanteur.” *

 

Notes pour plus tard :
– « J’aime la Bretagne, j’y trouve le sauvage, le primitif. Quand mes sabots résonnent sur ce sol de granit, j’entends le son sourd, mat et puissant que je cherche en peinture » (lettre à Emile Schuffenecker, Paul Gauguin, 1888)
– « plus le fil est respecté, plus le tissu va durer »
– économie de subsistance
– « le temps se rit de ce qui se fait sans lui »
– faire chanter le métier
– « Il est plus facile d’être de son temps que d’être de quelque part » (Le cheval d’orgueil, Pierre-Jakez Hélias, 1975)
– « L’un est maigre, l’autre gras. Le premier est mort de misère, le second de trop d’abondance. C’est pourquoi, mon fils, il faut se tenir entre les deux pour se garder vivant » (Le cheval d’orgueil, Pierre-Jakez Hélias, 1975)
– tous les emballages étaient faits en osier brut, et les objets de la maison en osier blanc
– POM : peintre officiel de la Marine
– on plante un arbre quand une fille naît, on en fera son armoire de mariage
– deux sillons dans la terre, une longue planche au milieu = deux bancs et une table de fête
– dans la première moitié du 20ème siècle, c’était moderne de jeter ce qui venait du passé
– bague de promesse, épingle de pardon
– « deux bonnets à la minute »
– « j’embellis toute la France »
– « garanti 3000 ans »
– « l’industrie le fait mieux que nous »

 

Merci beaucoup Anne Lévêque, Elisa Kovalenko, Armelle Kergall, Jean-Yves Chalm, Alain Le Berre, Yann Le Bohec, Didier Gouin, Yannick Le Floc’h, Christophe et Thierry Arcelin, Jean Lloveras

 

Fabricants : AUX FILS DE L’ARZ JANE MICKELBOROUGH L’OSERAIE DE PEN AR HOAT – MICHEL LE GUILCHER LE MINOR